Bien choisir son logement

Radon : quelles régions sont concernées et quels réflexes adopter

Pourquoi le granit en fait un sujet breton et auvergnat, ce que veut dire un potentiel 1, 2 ou 3, le niveau de référence de 300 Bq/m³, et comment mesurer puis réduire le radon chez soi.

Sommaire

Le radon n’a ni odeur ni couleur, et pourtant c’est l’un des rares risques de cette liste qui agit directement sur la santé plutôt que sur le portefeuille. C’est aussi l’un des plus mal compris : on l’imagine partout ou nulle part, alors qu’il suit une logique géologique assez nette, et qu’il se gère par des gestes simples. Voici pourquoi certaines régions sont concernées plus que d’autres, ce que signifie le « potentiel » affiché pour une commune, et quoi en faire concrètement.

Une affaire de sous-sol

Le radon est un gaz radioactif naturel issu de la désintégration de l’uranium présent dans certaines roches. Le granit en contient particulièrement — ce qui explique que le sujet soit beaucoup plus présent dans les régions de socle cristallin : Bretagne, Massif central, Vosges, Corse. À l’air libre, il se dilue et reste inoffensif. Le problème naît quand il s’infiltre dans un bâtiment et s’y accumule, surtout dans les pièces basses et mal ventilées : caves, sous-sols, rez-de-chaussée. C’est, après le tabac, la deuxième cause de cancer du poumon en France selon les autorités sanitaires — un risque réel, mais lent et maîtrisable, sans rapport avec un danger immédiat.

Radon : du socle au logement

Le gaz remonte du sous-sol rocheux et s'accumule dans les pièces basses. Réglez le potentiel et la ventilation.

Potentiel
sous-sol

Le potentiel radon est une caractéristique géologique du territoire (échelle 1 à 3), pas une mesure de votre logement. Seul un kit de mesure renseigne l'air que vous respirez.

Lire un « potentiel », pas une mesure

Chaque commune est classée selon un potentiel radon sur une échelle de 1 à 3. C’est une honnêteté qu’il faut garder en tête : on vous décrit le potentiel géologique du territoire, pas l’air de votre futur salon. Le potentiel 3 — « significatif » — signifie que la géologie locale favorise des concentrations plus élevées, et déclenche une obligation d’information de l’acquéreur ou du locataire. Cela ne veut pas dire que tel logement précis est contaminé : deux maisons voisines peuvent afficher des niveaux très différents selon leur construction, leur étanchéité et leur ventilation.

D’où la règle simple : le potentiel vous dit s’il faut regarder, la mesure vous dit ce qu’il en est vraiment.

Le niveau de référence : 300 Bq/m³

La concentration de radon se mesure en becquerels par mètre cube d’air (Bq/m³). Les pouvoirs publics ont fixé un niveau de référence de 300 Bq/m³ dans les lieux de vie. Attention au mot : ce n’est pas un « seuil de danger » au-dessus duquel tout bascule, ni une « limite » à la manière d’une norme de potabilité. C’est le niveau à partir duquel il est recommandé d’agir pour réduire l’exposition. En dessous, on cherche malgré tout à rester aussi bas que raisonnablement possible ; au-dessus, on ventile, on étanchéifie, et l’on remesure. La logique est celle de la réduction, pas du couperet.

Mesurer concrètement, soi-même

Bonne nouvelle, le radon est l’un des risques les plus faciles à objectiver soi-même. La mesure se fait avec un dosimètre passif (un petit boîtier, une trentaine d’euros) qu’on laisse en place au moins deux mois, idéalement pendant la période de chauffe (automne-hiver), quand on aère moins et que les écarts de température aspirent davantage le gaz du sol. On le pose dans les pièces de vie les plus basses — séjour, chambre en rez-de-chaussée — à hauteur de respiration, loin des courants d’air directs et des sources de chaleur qui fausseraient la lecture. Au bout de la période, le boîtier est renvoyé au laboratoire qui restitue une moyenne. C’est cette moyenne, et non une mesure ponctuelle, qui a du sens.

Ventiler, et le piège de la rénovation

Si le niveau est élevé, la remédiation est rarement lourde : améliorer la ventilation (une VMC qui fonctionne change déjà beaucoup), étanchéifier les liaisons entre le sol et le bâti, traiter le vide sanitaire. On parle de gestes de bon sens, pas de gros œuvre.

Un point mérite l’attention au moment d’une rénovation énergétique : en rendant un logement plus étanche (isolation, changement des menuiseries, calfeutrage), on réduit les entrées d’air parasites… qui assuraient parfois un renouvellement minimal. Sans système de ventilation adapté, une rénovation thermique bien intentionnée peut concentrer davantage le radon à l’intérieur. La parade n’est pas de renoncer à isoler, mais de coupler isolation et ventilation — c’est de toute façon la bonne pratique pour la qualité de l’air et l’humidité.

Et en appartement, en étage ?

Le radon vient du sol : son influence décroît avec la hauteur. Dans un appartement situé en étage, l’exposition est généralement faible, parce que le gaz n’a pas de chemin direct depuis le sous-sol et que l’air des niveaux hauts se renouvelle autrement. Cela ne dispense pas d’une bonne ventilation — utile pour bien d’autres raisons — mais relativise l’inquiétude : le sujet concerne d’abord les rez-de-chaussée, les maisons individuelles et les logements sur cave ou vide sanitaire.

Où vérifier

Le potentiel radon de la commune est public sur Géorisques, et nous le restituons sur notre page radon par commune, avec son échelle expliquée. Pour le croiser avec les autres risques officiels d’une adresse, utilisez la recherche par adresse. Pour situer le radon parmi l’ensemble des risques à contrôler, voyez quels risques vérifier avant de louer ; et pour la démarche complète avant de signer, le guide pilier vérifier une adresse avant de louer ou d’acheter.

Vos réflexes radon

Radon : à vérifier et à faire

Progression enregistrée sur cet appareil.

Le radon n’est pas un motif de renoncement : c’est un point à vérifier, à mesurer si besoin, et à corriger simplement. Le connaître avant de signer, c’est s’épargner un doute qui, sinon, traîne pendant des années.

Questions fréquentes

Le radon est-il dangereux à court terme ?

Non. Le radon n’a pas d’effet aigu : il n’intoxique pas, ne provoque pas de gêne immédiate. Son risque est statistique et de long terme, lié à une exposition prolongée à des concentrations élevées. C’est ce qui le rend traître — invisible et lent — mais aussi gérable, puisqu’on a le temps de le mesurer et d’y remédier.

Faut-il s’inquiéter du radon en appartement à l’étage ?

Généralement non. Le radon provient du sol et son influence diminue avec la hauteur. Les logements les plus concernés sont les rez-de-chaussée, les maisons individuelles et les biens sur cave ou vide sanitaire. En étage, une ventilation correcte suffit le plus souvent.

Combien coûte une mesure de radon ?

Un dosimètre passif coûte une trentaine d’euros. On le laisse en place au moins deux mois, idéalement en période de chauffe, puis on le renvoie au laboratoire qui calcule une concentration moyenne. C’est une dépense modeste au regard de la tranquillité qu’elle apporte.

Un potentiel 3 signifie-t-il que mon logement est contaminé ?

Non. Le potentiel décrit la géologie de la commune, pas l’air d’un logement précis. Deux maisons voisines en potentiel 3 peuvent présenter des niveaux très différents selon leur ventilation et leur étanchéité. Seule une mesure renseigne sur votre logement.

La VMC suffit-elle à réduire le radon ?

Souvent, oui : une ventilation qui fonctionne réduit nettement l’accumulation. Quand elle ne suffit pas, on y ajoute l’étanchéité des liaisons sol-bâti et le traitement du vide sanitaire. Une nouvelle mesure permet ensuite de vérifier l’efficacité des actions.